Je me sens tellement spm et j’y peux rien.
Voyons ça rush donc ben wordpad donc.
Bon, open office it is.
J’ai les mêmes préoccupations que tous les jours mais comme je suis en spm, tout me semble 100 fois pire. Je suis encore une adolescente en-dedans, j’essaye encore de plaire aux gens qui me plaisent et même à ceux que je déteste. Je sais toujours pas qui je suis. Je me trouve toujours laide.
Mais est-ce que c’est vraiment grave?
J’veux dire, disons que j’ai raison quand jme regarde dans le miroir et que je me trouve vraiment moche, c’est juste un détail. C’est superficiel. Y’a des gens moches qui ont des vies épanouies, non?
Juste comme je réussis à sortir du placard par rapport à mon amour des butchs, des filles un peu masculines, je réalise que je suis moi-même peut-être un peu moins féminine que j’essaye de l’être. Je trouve ça tellement plus simple et tellement plus… moi, d’être en jeans et en t-shirt avec mes bottes et mes cheveux courts. Y’a des jours où j’aurais envie d’être plus féminine je crois mais c’est tellement de travail et pour quoi à la fin? Pour aller travailler? Pour aller à l’école? Sortir mes talons hauts pour ça c’est complètement inutile et surtout pas pratique pour 2 sous. Est-ce que je perds ma féminité parce que je veux être reconnue comme dyke par les autres? J’ai envie d’afficher mon identité de lesbienne et que les gens le SACHENT et je sais que c’est un symptôme du syndrôme de « je viens de mettre le pied en dehors du garde-robe » et ça aussi ça m’énerve, je suis un putain de stéréotype et je vie mon coming out comme une ado alors que j’ai 26 ans. Oui, j’ai peur que si je suis trop féminine, je vais passer inaperçue dans ma « meute », que je vais être ignorée et potentiellement rejetée par ceux que je considère ma communauté. Pourquoi j’ai tant besoin de cette acceptation? C’est pire qu’une universitaire qui ferait n’importe quoi pour faire partie de la Sorority. En même temps je sais qu’une partie de moi ne sera jamais très féminine, j’ai jamais été très fe-fille après tout. Et là je regarde les butchs et ce qu’elles veulent, ce qui les attire sont les femmes féminines et tout ce qui va avec et ça me déprime, de me dire que je suis pas ce qu’elles veulent. Pourtant je l’ai ma femme, et j’en suis folle, pourquoi je m’inquiète de si les autres dykes mouillent leur ptite culotte quand j’entre dans leur champs de vision? D’ailleurs, ma femme, je suis en train d’essayer de me mouler à son idéal à elle et ça me donne la nausée. Avant qu’on soit ensembles, je regardais ses ex et je me disais bon dieu je serai jamais assez féminine pour elle… J’avais tort, je suppose puisque c’est avec moi qu’elle passe ses nuits. Maintenant que je sais qu’elle est amoureuse de moi, qu’on est folle une de l’autre, je doute encore. Maintenant je doute que je suis peut-être trop féminine pour elle… ou pas assez? Ou pas de la bonne façon? C’est ridicule, elle m’aime et c’est tout. Pourquoi je tente de devenir ce que j’imagine qu’elle voudrait?
Pourquoi j’arrive pas à trouver l’équilibre, jamais. Dans tellement d’aspects de ma vie, je suis déchirée par mon ambivalence. J’étudie dans un domaine scientifique après avoir suivi un cours en communication pour la radio. Y’a en moi une artiste sans talent qui a le nez dans un livre d’anatomie le plus clair de son temps. J’ai envie de peindre et d’écrire des chansons mais aussi de réparer une voiture et apprendre le fonctionnement complet du système digestif. En fait le problème c’est que les domaines artistiques, c’est pas pour moi. J’ai pas la confiance pour m’y faire une place. C’est pourquoi j’ai abandonné les communications et pourquoi je ne suis pas retournée à l’école dans un domaine somewhat artistique. C’est la même chose pour mon apparence physique, la même chose pour mes putains de cheveux que je veux très court une journée et long et tout en boucles le lendemain. Il est où mon putain d’équilibre et pourquoi j’arrive pas à être satisfaite???